Discours social et rhétorique , le cas du discours politique
Rhétorique : exercice de l'influence : on a affaire à une forme de communication : parole + formes symboliques de l'argumentation pour agir sur l'interlocuteur. Ici on est dans des décisions d'ordres politiques. Les discours appartiennent à l'espace public : on le définit par sa nature : lieu de découverte des problèmes publics. Nature politique et discursive. Il est un médiateur au sein de la société il permet de rendre compte des débats qui animent la société. L'espace public est un lieu ou s'exerce l'influence social. Lieu où se manifeste les discours rhétoriques.
Influence social qui s'exerce entre les acteurs sociaux du discours, exercent influence les uns sur les autres mais aussi sur l'opinion public.
On distingue trois catégorie d'acteur :
1. acteurs issus du système politique central : homme d'état, député, sénateur, etc... (communication institutionnelle)
2. acteurs issus du système fonctionnel de la société : administration, judiciaire, économique, etc... (communication institutionnelle)
3. acteurs issus de la société civile (manifestation)
Chacune de ses catégories en fonction de la nature de la ancrage va structurer leur modèle d'investissement dans l'espace public. On va avoir des modèles rhétoriques différents.
Deux modèles de rhétorique :
pour 1 et 2 : Traitement routinier de la communication public : format identifier d'intervention de ses acteurs dans l'espaces publics (acteur comme gouvernement, administration, médias).
pour 3 : innovation social : on va trouver des formes innovantes de la communication (cf. : appropriation d'internet).
I.Deux points essentielles : leurs finalité rhétorique va dépendre de leur ancrage et des finalités qu'ils visent.
Notion de discours social :
Dimension dialectique (deux niveaux) :
on postule que les discours qui sont produit dans l'espace public vont obéir a des schémas qui dépendent des institutions sociales qui les engendrent. A partir du moment ou on parle de discours social on peut plus séparer les phénomènes langagier de leur contexte de production sociale + historique.
elle va désigner «l'organisation du dicible» Marc Angenot (ce qui se dit) organisation dans une société donné. Ce qu'il est autorisé de dire ou ne pas dire dans une société donné, dans un contexte socio-historique donné. (exemple discours social sur le sida, en France : ce qu'il est permis de dire : on a le droit de dire que le sida est une maladie sexuellement transmissible, par contre on ne peut pas dire que les gays transmettent le sida). Il va dépendre de l'instance d'énonciation (qui énonce le discours). Le d.S dépend de l'identité socio-discursive de l'instance d'énonciation (pape/président de AIDS).
A propos de la notion d'identité discursive : ethos des orateur, elle est sociale et discursive à la fois. Elle est sociale dans le mesure ou elle se construit à la fois dans ce que autrui peut dire du sujet (a partir de ce qui est dit), et par ce que dit l'orateur sur lui même.
II.La rhétorique politique :
Rhétorique politique = dynamique d'influence, articulation au langage et représentation symbolique. Le sujet va fonder sa décision sur l'efficacité rhétorique du discours. Du point de vue de l'instance d'énonciation la visé est toujours la même : obtenir l'adhésion du public : obtenir le suffrage des électeur (discours politiques). On est dans le cas d'un traitement routinier des affaires courante, on se situe dans la typologie 1. acteur ancré dans le système politique central.
L'orateur est dans une position double : il doit convaincre du bien fondé de son projet politique ET il doit faire adhérer le plus grand nombres de citoyens aux valeurs qu'il défend. Double contrainte : l'homme politique va se construire un double ethos, un ethos à deux niveaux :
1.conception de la politique comme espace de pensée sur l'organisation de la société (projet de société)
2.stratégies de gestion du pouvoir (mise en oeuvre du projet)
L'efficacité rhétorique va dépendre de 3 éléments :
Ethos de l'orateur
Façon dont l'orateur va percevoir l'opinion public (favorable ? hostile ?) Circuit par lequel il va passer pour s'adresser a son public = situation de communication
Position des autre acteur politique par rapport à l'orateur (adversaire ou partenaire).
Rhétorique et politique : mise en scène du discours qui vont oscillé entre Ethos, Logos, Pathos. Articulation des trois ordres doit permettre de répondre à : qu'est ce qui fait que j'adhère à ce discours ?
Dans la rhétorique politique : Ethos vise à des fin de crédibilité et de séduction, Pathos : dramatisation pour suscité l'adhésion. Logos : ordonnancement du discours pour susciter l'adhésion à des valeurs. Dans le logos qu'on va retrouver le projet de société (1). Ce sont les valeurs : fondent le projet politique.
Exemple :
Ethos de lucidité : l'homme politique à conscience des réalité politique, social du public auquel il s'adresse.«j'ai conscience que»
Ethos d'autorité : «entant qu'élu que je demande la mise en examen du président»
Ethos de vertu : «tout ceux qui me connaisse savent que je n'ai jamais cherché à m'enrichir personnellement» discours qui se construit par rapport à ce qu'on dit de nous, et ce que je dis de moi.
Pathos : recours à des arguments qui cherchent à susciter l'émotions du public : pathos de menace, de peur, etc...
Ethos de crédibilité il se construit à partir de trois éléments (trois conditions) :
la sincérité : dire le vrai
la performance : capacité à mettre en oeuvre ce que l'on promet
l'efficacité : montrer ses capacités à pouvoir appliquer ses promesses
On va avoir plusieurs catégories d'Ethos à partir de l'Ethos de crédibilité :
1.Ethos de sérieux : on va le construire à travers des indices corporels (raideur, sourire peu, etc..) + indices de comportement (maîtrise face au critique, le sang froid). Il ne se construit pas avec des comportement frivole, etc. Ethos de sérieux a des limites : produire une image d'austérité, cf. Ethos de Jospin : celle d'une homme détaché, froid, incapable de passions et d'émotions.
2.Ethos de vertu : on ne peut pas le construire dans l'immédiateté, ça se construit sur le temps long et prend appuie sur une représentation social répandu : l'homme qui représente le peuple est sensé donner l'exemple.
3.Ethos de compétence : réponse à la performance et l'efficacité : on donne a voir que l'on possède un savoir faire, des compétences pour arriver à ses fins. Dans ce modèle, l'orateur va faire réf. a son savoir, son parcours, etc... : preuve de sa capacité et de l'efficacité de son action.
Mécanisme de fonctionnement de l'ethos politique :
Construction de ses images n'a de pertinence que dans la relation qu'elle va instauré entre un orateur et son public. Pour que ça fonctionne et pour qu'il est construction de cette relation on va avoir des stratégies qui vont puiser dans les représentations sociale, dans les imaginaires populaires, de façon a pouvoir atteindre le plus grand nombre. On va parler d'un contrat de reconnaissance implicite entre orateur/public. La limite de ses stratégies de construction d'un ethos : risque de contradiction entre les valeurs que l'homme politique va promouvoir et celles perçues par son public.
Conclusion : efficacité va dépendre de l'ethos de l'orateur, du lieu du déroulement de la performance rhétorique. Le discours va dépendre du public auquel l'orateur d'adresse. Et la performance va dépendre de l'effet visé : rétablir confiance ? désigner un adversaire ? promouvoir une projet politique ? etc...
Etude de cas : dernière typologie d'acteur (3) : Mouvements sociaux, société civile. Concerne le mouvement Ni putes ni soumises au moment de son émergence.
= Construction d'un ethos autour de la normativité républicaine.
= Recours au pathos pour légitimé son action.
Les mouvements sociaux ne représentent personne d'autre qu'eux mêmes. Point de dépars des mouvements sociaux : intérêt particulier, et non intérêt générale qui est le moteur de l'espace public. La stratégie d'action :s e construire une légitimité pour peser sur les acteurs du système politique et sur l'opinion public.
Le point de dépars du mouvement : émerge à partir d'SOS Racisme. mouvement premier, point de dépars : état généraux des femmes de quartiers. Puis il y a eut meurtre d'une femme en octobre 2002, et la sortir d'un ouvrage : première publication le problème des tournantes en France. En Mars 2003 est crée l'association Ni putes ni soumises (manifeste, marche).
Question des griefs du mouvement : «diagnostic framing» = cadrage de diagnostic. Question qui permet de saisir l'émergence de la mobilisation collective = l'ethos du mouvement et la façon dont une situation est vécu comme problématique.
Le manifeste : grief très précis : dénonciation d'un sexisme ordinaire omniprésente, violence verbal, viol modernisé en tournante, on va dénoncer les mariages forcés, on va parler de la fratrie : gardien de l'honneur de la famille, machisme des hommes des quartiers (issue de l'immigration). Au moment du lancement de la marche le mouvement va produire un discours : lutte contre les viols collectifs, intégrisme, mariage forcée, traditions, etc...
Que vise cette mobilisation ? = Alerter l'opinion public et les médias. On va associer au mouvement des symboles : lieu (cité de Vitry sur Seine) : pathos : réf. à un drame. Et la participation de l'auteur de l'ouvrage Dans l'enfer des tournantes qui va participer à la marches et aux débats. On essaye d'illustrer les niveaux les plus abject de la situation de ses femmes. On est dans une stratégie qui montre une urgence face à la situation et stratégie qui construit une dramaturgie à destination de l'opinion public : on anticipe la réaction des médias et de l'opinion public. Dans cette perspective, on peut dire que Ni putes ni soumises va s'inscrire dans une rhétorique des émotions suscité par l'horreur des drames. Finalement l'horreur est tellement grande qu'on évacue la contradiction : personne ne peut dire qu'on ment, ou qu'on stigmatise.
Pathos : plus de place à la contradiction, ou l'analyse.
Deuxième stratégies rhétoriques : question de la légitimité républicaine : la visé : construction d'un consensus autour du mouvement. Mouvement organise une exposition qui représente des jeunes femmes de cité qui représentent des Marianne. Allégorie de Marianne : pluri-ethnique. = Ré-appropriation de symboles nationaux. Inscrit la rhétorique du mouvement dans une normativité.
A un autre niveau : ré-appropriation qui va créer une légitimité : combat en faveur de la République.
En 2004 le mouvement va lancer une marche : Tour de France républicain. Articulation entre féminisme et laïcité. L'action va émerger en même temps que le débat sur le voile et le mouvement va présenter la laïcité comme garant de l'émancipation des femmes issus de l'immigration. Rhétorique qui va prendre appuie sur les griefs : obstacles a l'émancipation des femmes de l'immigration et que cette situation problématique est dut à une mauvaise pénétration des valeurs républicaines dans ces milieux = en luttant en faveur de la laïcité, on pourra lutter en faveur de l'émancipation des femmes.