Analyse de texte
Montaigne, Au lecteur
Montaigne 1533-1592
Avis au lecteur écris après le 2ème livre
« Sans contention » = sans retenue, sans effort
« Forme naïve » = naturelle
« Aucun » = chacun (l.7)
Périphrase = phrase autour d’un mot qu’on ne dit pas ou qu’on retarde.
Ex : « douce liberté des premières lois de la nature » = nu
Questions
1) Quelles sont les marques du lecteur et son statut ?
2) Comment appelle-t-on la mention liminaire (en marge) au lecteur ?
3) Pour qui est écrit le livre ?
4) Quels défauts Montaigne essaye t-il d’éviter ?
5) Relever les antithèses lexicales. Que traduisent-elles de l’engagement de l’auteur ?
6) Quelles figures de rhétorique désigne ce livre des essais ?
7) A quel genre pictural pouvez vous relier cette représentation du soi ?
Etude du texte et réponses aux questions.
=> quête de sagesse
=> quête du moi
1) Apostrophe, s’adresse directement au lecteur
Statut contradictoire : lecteur à la fois convié et congédié
Convié : apostrophe « lecteur » début et fin
Congédié : parents et amis, « vain et frivole »
Montaigne semble exclure les lecteurs pourtant il le tutoie, entretien avec lui une relation proche, l’incluant ainsi dans ses intimes
2) captation de bienveillance : manière de déclencher l’intérêt des lecteurs.
Montaigne attire l’attention sur l’originalité de son livre
=> passage intime mais n’outrepasse pas les règles
=> Humour
=> Vanité du livre
3) Parents et amis
4) Il évite d’être faux, de se décrire tel qu’il n’est pas en réalité
5) Antithèses : « retrouvé » / « perdu »
« Ordinaire » / « artifice »
« Public » / « privé »
=> Champ lexical de l’artifice et celui de la vérité
Montaigne affirme que son portrait va être fidele au delà des normes sociales (piperie = artifices des conventions sociales)
Il s’engage à présenter ses principaux défauts : « entier » : écho avec la ligne 9 « entière connaissance ». Montaigne vise la vérité, la plus complète et possible, il prend le lecteur à témoin.
6) personnification « livre de bonne foi »
Le livre va être traité comme une personne
L’auteur va passer dans le livre
=> « il », « le », « y » « l’ »
Triple représentation
Montaigne auteur : « mon livre »
Montaigne, sujet d’écriture
Livre personnifié
« On » -> public. Montaigne tends son livre au public
=> Genre de l’autoportrait
Genre qui s’affirme au début du 16e siècle
Différents thèmes abordé = excuse et occasion pour un renvoi sur soi, reflet partiel de l’auteur
Théorie d’Hippocrate
4 humeurs qui façonnent les personnes, théorie médicale, domination d’une humeur qui défini le caractère, la psychologie
Le sang (les sanguins)
La bile noire (mélancolie, artistes)
La bile jaune (gens acariâtre)
La phlegme (patience, maitrise de soi)
=> Lexique matérialiste, physiologiste qui fait référence à l’antiquité (différence corps et âme -> tradition chrétienne)
=> Typiquement humaniste
Nourrir la connaissance (l. 9.10)
=> Fonction de ce portrait : garder vivant la connaissance qu’ils ont de lui et enrichir cette connaissance qui est surligné par deux comparatifs « plus entière », « plus vive »
Affirme l’identité parfaite entre lui et son portrait
=> Au centre du portrait : la connaissance
Question principale en philosophie
Connaissance de l’homme
1698 : Locke, La connaissance humaine
Kant : Critique de la faculté de juger
Critique de la raison pure
=> Réflexion sur la capacité de connaitre
Œuvre de Montaigne
Prolonger l’existence de l’auteur après sa disparition
Individualisme moderne qui caractérise la renaissance
=> Projet extrêmement moderne
Se décrire
Exploration de soi
(Pas de précédent)
C’est pour cela qu’il insiste sur la modestie de son projet. Il ne s’agit pas d’une apologie, il s’agit d’affirmer l’individualité. Son seul souci est la vérité, son seul acte de foi est la littérature
S’adresser a tout lecteur + projet intime et personnel = projet complexe