II/ La Renaissance( Elle commence en Italie et met un siècle à arriver en France, et un autre
à remonter du sud au nord de la France. Elle s'est faite progressivement.
( Le passage entre le M-A et la Renaissance est dû pour beaucoup au
progrès : de la médecine et de l'agriculture (accroissement de la
population des villes).
La population s'enrichit et ce qui se substitue au clergé et à la noblesse
est un pouvoir économique : la bourgeoisie (= travailleurs qui se sont
enrichis et qui vont de plus en plus avoir envie de se mêler au pouvoir
politique)
( les beffrois ont une importance sociale : ils indiquent le pouvoir de la
bourgeoisie, la puissance émergente. Plus la ville est riche plus son
beffroi est haut : pour montrer que la ville est riche (les marchands vont
juger la ville en fonction de son beffroi).
Ville-franche = ville qui ne paye pas d'impôts
( La Renaissance va développer l'éducation grâce à l'enrichissement de
cette classe. Il y a la volonté d'éduquer les enfants.
On assiste au développement des Collèges (qui dépendent du pouvoir royal)
et des universités (qui dépendent du clergé).
On aborde aux Collèges d'autres domaines qu'en université. C'est plus
« moderne ». De plus en plus de gens ainsi savent lire.
( On quitte la féodalité pour un Etat centralisé. Les Etats européens se
construisent petit à petit et s'affranchissent de la tutelle en Pape.
Ex : Henri VIII d'Angleterre souhaite changer de femme et demande
l'annulation du mariage au Pape. Mais cette alliance avec l'Espagne ne doit
pas être rompue et le Pape refuse. Henri VIII décide alors de ne plus se
préoccuper du Pape. Il est excommunié et devient le chef de sa propre
Eglise. (La religion va se centrer plus sur l'homme que sur Dieu)
1539 = édit de Villers-Côtterets qui fait du français la langue officielle
( ?)
( L'usage du papier rend possible l'imprimerie.
1492 = François Ier va faire la guerre en Italie et entraîne avec lui une
partie de sa Cour. A son retour en France, il a la volonté d'avoir en
France des demeures comme en Italie : c'est le déclenchement de la
Renaissance en France, associé à la découverte de tous les nouveaux
territoires.
( La Renaissance correspond à une rupture épistémologique (= au niveau de
la connaissance) : géographique, technique, politique...
ex : le monde connu en 1490 date à peu près de l'Antiquité
( L'illustration à la fin du XVe est déjà plus fine, plus seulement
symbolique, on voit l'apparition de la perspective.
Ex : le château n'est plus conçu pour résister à un siège, désir
d'embellissement ; vêtements de plus en plus raffinés, jardin d'agrément...
(tableau Les riches Heures du duc de Berry)
1) Le changement de statut de l'?uvre d'art
( l'artiste et l'?uvre d'art vont être plus considérés car on prend
conscience de la valeur de l'art et notamment du livre (naissance de
l'imprimerie en 1448) : de plus en plus de gens savent lire et un désir de
conservation des livres naît.
( Guillaume Budé (secrétaire du roi François Ier) crée la collection du roi
alimentée par dépôt obligatoire (comme aujourd'hui : tout ce qui est publié
en France doit être déposé à la Bibliothèque Nationale). On considère enfin
les livres comme des richesses.
( A partir du XVe on voit apparaître la signature des ?uvres par leurs
auteurs.
L'artiste est pensionné par un Prince ou un homme puissant, qui doivent
avoir autour d'eux une cour artistique.
L'art de vivre devient plus raffiné : au XVIe on commence à utiliser la
fourchette.
( Léonard de Vinci, génie universellement reconnu déjà à son époque, était
invité en France par François Ier qui l'admirait beaucoup. La Joconde est
ainsi devenu une partie de la collection royale.
( Joachim du Bellay revendique le fait pour les artistes de ne pas être
soumis à un Prince. On sent ici le premier frisson d'indépendance de
l'artiste. A cette époque, l'?uvre n'est pas l'expression de soi, c'est le
plus souvent une commande d'un Grand.
( la figure du poète s'oppose à celle du courtisan qui flatte le roi : pour
Du Bellay, le poète doit être fidèle à son génie (mais il admet que pour
manger il faut parfois y sacrifier)
( la s?ur de François Ier, Marguerite de Navarre, est une femme très
cultivée, qui a notamment écrit L'heptameron.
( on passe à des châteaux agréables, aux fenêtres qui s'ouvrent vers
l'extérieur (et non plus des châteaux de défense)
ex : les châteaux de la Loire, où le roi se rend souvent avec sa
cour.
( culturellement parlant, l'Italie est le modèle de cette époque. La cour
brillante des Médicis se trouve à Florence. A la base, ce sont des
commerçants très habiles qui se sont élevés. Ils ne font pas partie de la
noblesse. Ils ne tiennent donc pas leur pouvoir de la féodalité mais de la
bourgeoisie.
( Le Prince de Machiavel est une ?uvre majeure en politique. Machiavel
réfléchit sur comment obtenir et conserver le pouvoir.
Pour lui, le pouvoir se prend, se gagne : à l'origine de la conception
moderne de la politique (il détache la notion de pouvoir du divin et de la
morale : désacralisation du pouvoir qui sépare pouvoir et religion)
Machiavélisme = accomplir les choses pour obtenir un résultat. C'est une
contre utopie : on fait les choses en fonction de ce que le monde est, non
de ce qu'il devrait être. L'homme politique n'a pas la même morale que le
commun des hommes. « la fin justifie les moyens » : tout est fait en
fonction de l'efficacité, non de la morale.
( au contraire, l'utopie (=ce qui n'a pas de lieu) comme chez Thomas More
n'existe pas, et oblige finalement les hommes à être pareils.
( La Renaissance voit se développer la redécouverte des textes anciens. On
reproche au M-A de n'avoir fait que des commentaires et de ne pas être
remonté au texte original). Cette redécouverte est possible grâce à
l'imprimerie.
( l'art pictural réutilise les figures de dieux, des mythes antiques (ex :
Boticelli)
( syncrétisme : entre Antiquité et christianisme, le second n'empêche
pas de peindre les mythes du premier, il n'y a pas de contradiction entre
les deux. Pour certains, l'Antiquité était même précurseur du monde
chrétien.
( l'Humanisme est la passion pour le savoir, conçu de manière nouvelle et
d'une nouvelle conception de l'être humain. La Renaissance va exalter la
Créature (=l'homme) pour exalter Dieu.
(Au M-A et jusqu'au XVIe l'athéisme ne se conçoit pas)
( l'artiste connaît l'anatomie, le corps humain (ex : statues de nus de
Michel-Ange ; l'homme de de Vinci)
(le corps nu est montré à la Renaissance dans sa beauté et sa
jeunesse et plus seulement dégradé et vieux comme au M-A : (ex : le grand
peintre Le Titien)
( on retourne à des formes négligées comme l'Ode pour Ronsard.
( la Renaissance a-t-elle pour autant une dimension populaire ?
( cela reste assez savant, avec des références à l'Antiquité... Les
lettrés de l'époque sont des érudits. Le peuple n'est donc pas touché
directement par tout ça.
Grands esprits de l'Humanisme : Erasme, Rabelais (médecin)...
( certaines scènes bibliques sont souvent peintes à l'époque.
Par ex : « L'Annonciation » qui est l'annonce à Marie par l'ange Gabriel
qu'elle est enceinte de Jésus, peinte par de Vinci) montre la sérénité de
Marie devant le décret de Dieu ce qui est typique de l'esprit de cette
époque de la Renaissance, avec une composition équilibrée, une sorte de bas
relief qui rappelle l'Antiquité
Ange = messager (en hébreu)
( Mais la Renaissance peint aussi la laideur (ex les Grotesques de de
Vinci)
( « La jeune fille à l'hermine » par son regard tourné vers un autre, donne
de la profondeur au tableau (ce qui est différent par exemple de La Joconde
qui nous regarde)
( les Humanistes sont très ouverts à l'étranger, ils s'écrivent les uns les
autres en latin (nihil humani alienum est = rien de ce qui est étranger
m'est inconnu)
( création du Collège de France qui a une théologie optimiste (confiance en
Dieu) mais aussi critique (volonté de se refaire une idée neuve en relisant
les textes).
Sur le plan politique, les Humanistes sont des réformistes (mais pas des
révolutionnaires)
( Rabelais était un moine érudit, traducteur de grec, il devient médecin et
traduit notamment des traités de médecine d'Hippocrate. Il écrit Gargantua
et Pantagruel (la saga des géants). Il développe l'utopie de l'abbaye de
Thélème où vivent hommes et femmes de bonne compagnie qui devisent entre
eux, se promènent (sorte de paradis pour lui)
( les femmes, si elles doivent être cultivées à l'époque, ne reçoivent pas
pour autant de véritable éducation comme les hommes.
2) Les écoles de Lyon et de la Pléiade
( l 'école de Lyon (qui est la ville humaniste et non pas Paris) est la
première ville des imprimeurs, qui a connu la Renaissance avant Paris car
elle est plus proche de l'Italie. Elle développe une école poétique avec
Maurice Scève, Pernette du Guillet et surtout Louise Labé. Elle est
fleurissante au début du XVIe.
( la Pléiade (= constellation de 7 étoiles) va être composée de 7 poètes
parisiens dont les plus célèbres sont Joachim du Bellay et Pierre de
Ronsard. Ils se veulent les étoiles qui montrent le chemin.
En 1549, Du Bellay publie (mais écrit avec la Pléiade) un texte « Défense
et illustration de la langue française »
Ils se sont rencontrés dans un collège parisien, le collège du Coqueret,
dans le quartier latin (nommé ainsi car les cours se déroulaient dans cette
langue)
( Guerre des anciens/modernes
( en 1548 Thomas Sebillet publie « L'Art poétique » : pour lui on ne
peut pas faire mieux que les Anciens
( au contraire pour la Pléiade qui représente « les modernes » on
doit se nourrir de ce qui a été fait avant, des anciens, pour faire mieux
(= innutrition)
( à cette époque le français n'est pas ne langue parfaite (la plus belle
langue est l'italien). Comment faire du français la plus belle langue ?
(sorte de nationalisme : on veut montrer que l'on peut mieux faire que
l'Italie)
( grande guerre contre le patois, le latin, l'italien...
( appel à l'instruction, à la lecture des textes et à rompre avec le
M-A qui est pour eux obscurantisme.
( enrichir le vocabulaire avec des mots nouveaux création de mots
savants à partir du grec, nouvelle syntaxe, structure de phrase
( création de l'Académie française
( volonté de reformer la langue à partir de modèle qu'on juge excellent
( Ronsard : poète des Princes et Prince des poètes.
Du Bellay : poète critique des courtisans, satirique, nationaliste
(durant son exil à Rome)
( Pétrarque (XIVe) : c'est le fondateur du langage amoureux qu'on appelle
le pétrarquisme, en relation avec le néo-platonisme (lancé en Italie par
Marsile Ficin) : on relit Platon, le réinterprète, notamment le mythe de
l'androgyne (une entité coupée en deux à la réincarnation et qu'on
recherche toute sa vie)
( Dante : « La divine Comédie »
( histoire du poète qui visite en songe l'enfer
( Virgile incarne la raison
( Béatrice est la femme aimée, chantée par Dante tout au long de sa vie
(l'amour est vu comme facteur d'élévation)
( épicurisme = philosophie du Carpe Diem « que faut il faire pour être
heureux ? »
( satisfaction des besoins nécessaires, se limiter pour les désirs
charnels et ne pas être dépendants d'eux, proscrire les besoins qui nous
sont créés.
(Chez Ronsard on trouve cette fascination de l'instant.
( les Danses Macabres sont typiques de cette période de fin de M-A. Ce sont
des représentations allégoriques de la mort, avec outils qui désignent le
métier (la mort vient les prendre dans leur activité quotidienne)
( dans la deuxième moitié du XVIe on va voir les guerres de religion
( les gens ont plus facilement accès à la Bible. 2 moines (Luther en
Allemagne et Calvin en France) vont trouver que l'Eglise s'est trop
éloignée des écrits et notamment des Evangiles.
Ils rejettent la conception d'un optimisme absolu dans l'être humain.
(Reforme à l'origine du protestantisme : un bon chrétien doit être
instruit, doit pouvoir lui-même interpréter les textes. On encourage le
mariage des prêtres, conteste la confession, la fascination pour
l'Antiquité.
( les pays gagnés par la Réforme vont avoir une architecture plus austère,
et non plus en rapport avec la mythologie grecque.
( le Pape ne va pas être d'accord = schisme religieux
( les guerres de religion sont pour certains un moyen de s'éloigner du
pouvoir du Pape.
( l'esprit de la Réforme valorise le travail, donc la bourgeoisie.
1598 = Edit de Nantes
3) La transition entre Renaissance et Baroque
( la Contre-Réforme va être une réponse au protestantisme qui développe des
motifs profanes.
( L'art de la Contre Réforme va être défini au Concile de Trente (1543-
1563) qui va développer la richesse des ?uvres religieuses, on va
développer le monumental, le spectaculaire (à l'opposé de l'austère)
ex : Le Bernin et sa statue de Ste Thérèse d'Avila (corps en
mouvement, beaucoup de plis) : très théâtral, les lieux de cultes
dramatisent le rapport religieux
Cela amène à l'art baroque
( Montaigne (1533-1592) est important dans la transition.
- magistrat et maire de Bordeaux (donc fonction publique)
- il écrit Les Essais (au sens d'expérimentation d'idées par des
textes) : c'est le premier livre « moderne » car très personnel
- il est marqué par l'Antiquité greco-latine, par les textes
chrétiens, l'épicurisme et le stoïcisme (école de philosophie dont
fait partie Sénèque : pour être libre, il faut apprendre à se
détacher des souffrances physique et morale)
- pour Montaigne, vivre c'est apprendre à mourir
- Quid sciam (= que sais-je ? ) : notion de relativité surtout à une
époque où on découvre des mondes nouveaux (premier à s'intéresser
aux notions de civilisation et de barbarie)
- « Je me prête aux autres, je ne me donne qu'à moi-même »
(individualisme)
( transition car déjà beaucoup de choses très baroques